ROGER OUT


christian erwin andersen


Ecrit pour ma mère, que j'ai vue, 
traversant le ciel
le jour où ils ont brûlé son corps...


J'étais assis sur une plage
Etait-ce sur une île
Je ne sais pas
A cet âge on peut tout croire

Je regardais devant moi
Ce qui plus tard
deviendrait l'horizon
à cet âge 
on ne nomme pas encore

je n'avais jamais rien vu de pareil
d'aussi semblable
c'était mon commencement du 
monde
à moi
et ce double soleil à l'horizon
c'était ma naissance
et le sourire de ma mère

ce soir
comme je regardais la crête
de l'autre côté de la mer
elle s'est soudainement 
enflammée

le soleil s'y noyait
et ma mère le tirait à l'abîme par 
les cheveux

elle était très occupée
mais elle a eu le temps
de me faire signe de la main

Charleroi, vendredi 29.9.2006 – 22 h 40
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Alors, lisez !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anarchis
EPHEMERIDE ANARCHISTE
http://ytak.club.fr/index.html
un très beau site pour découvrir les 
grandes figures de l'anarchisme
MESSAGE IMPORTANT Je viens de terminer la rédaction de : POEMES AUX ENFANTS TRISTES DU SIECLE INNOMMABLE suivis de ADRESSE AUX CHIENS &  Petite Histoire du Meurtre - Préfacé par Marcel Moreau et je recherche un éditeur. Pouvez-vous m'aider ? Christian Erwin Andersen vous remercie -   dieudeux@yahoo.fr
HISTOIRE D'UN POEME
à Frederico Garcia Lorca

Août 1977 – Grenade 


Jean-Marie Flémal et moi-même flânons dans le centre de Grenade. Nous venons du Sud de la France d'où le mauvais temps nous a chassés. Nous ne le savons pas encore, mais il va bientôt nous pousser vers Coïmbra , au Portugal d'où nous devrons déguerpir pour les mêmes raisons. Saison pourrie.

Nous naviguons donc de bistrot en bistrot quand soudain une voix connue nous hèle « eh ! les copains ! ».
Incroyable : c'est Marcel Hennart, poète belge, un de nos aînés, aimé de tous pour son sens de l'amitié, sa disponibilité et aussi son grand talent. (Marcel nous a quittés il y a quelques mois, à plus de quatre-vingt ans).

(à suivre)


POESIE

inédit de c.e. andersen



on naît comme ça et meurt 
comme ci
ou l'inverse
qu'importe  

puis
entre ceci flou et ça vague
vogue la galère

trait d'union
entre énigmes
l'espace d'une vie
s'inscrit
noir sur blanc

l'histoire
importe peu
qui se termine toujours
de la même façon

on meurt comme si
dans un grand éclat de rire

on meurt comme ça

christian erwin andersen – 14.10.2006







prenez garde, prenez garde ...
à la vieille garde...
un oeil sombre vous regarde !






VOICI CE QUE J'ECRIVAIS EN 2004 A PROPOS DU TROTSKYSME ET DE L'ANARCHISME

(in "L'endehors" - quotidien anarchiste en ligne - 2004)

Même dans un monde idéal les anarchistes seraient indispensables : qu'ils veillent à se prémunir de toute compromission avec les trotskystes... Bien que je sois "catalogué anarchiste" en raison de mon comportement social non conformiste, de mes activités littéraires polémiques, de ma "relative indépendance" par rapport au système et de ma critique en renouvellement constant, je ne me suis jamais déclaré anarchiste, je n'ai jamais sollicité l'adhésion à tel ou tel groupe ou mouvance, je n'ai jamais brandi le drapeau rouge et noir. Par ailleurs, je me suis contenté de feuilleter Bakounine, de survoler Blanqui, de vitupérer les geôliers de Ulrike Meinhof et Bader, de vibrer au récit des exploits de Durutti, etc... Comme diraient certains, je n'ai pas de "base théorique" ... et j'en suis fier, j'en pousse même un « soupir-sourire » de soulagement.
Car, à défaut d'en avoir une chez les anars ... j'en ai eu une solide, de "base théorique" chez les ... trotskystes ... et "c'est quelque chose, je vous jure ! ... C'est de là d'ailleurs que je tiens mon allergie à toute base... Fini ! Question lavage de cerveau on ne fait pas mieux et je dois être une sorte de miraculé pour avoir pu, couvert d'injures, m'extirper de ce guêpier. C'est que chez les trotskystes l'essentiel est, et sera toujours - c'est dialectique - d'avoir raison. Non pas raison de mener son char de telle ou telle façon contre les capitalistes ou contre l'Etat, mais d'avoir raison contre d'autres trotskystes, contre d'autres militants, etc ... etc ... C'est à cela que je me suis aperçu que mes camarades étaient en fait assoiffés de puissance, de pouvoir et donc dangereux... mais surtout que pressés par ce besoin irrépressible ils étaient disposés à tous les trucages ... Posadas, que j'ai fréquenté beaucoup et dont j'ai suivi les "cours" aux quatre coins de l'Europe, pendant des dizaines d'heures, entre 1961 et 1968 , démontrait que le "communisme était possible et que l'existence des soucoupes volantes en était la preuve éclatante car ... seule l'organisation communiste de la société rendait pareilles prouesses possibles" !
Posadas, pendant des heures et des heures, prêchait ainsi. La sexualité entre "camarades devait être bannie car elle était un gaspillage d'énergie au détriment des besoins de la révolution mondiale" et "Che Guevara avait été assassiné, à Cuba, par Raoul Castro. Mais me direz-vous, Posadas était un illuminé, un "cas", fou à lier ... oui mais ... Mandel, Frank, Pablo, Canon, Lambert ? Encore plus fous : passer une moitié de sa vie à provoquer des scissions; l'autre moitié à recoller les morceaux ... qui dit mieux? Mais,ajouterez--vous, que croyez-vous prouver de la sorte ? C'est simple : que les trotskystes ont besoin de dogmes comme de l'eau et du pain. Ils ne sont ni musulmans, ni chrétiens, ni juifs, non mais ils ont la foi, dur comme fer ... et aussi irrationnellemet que les gaéliens, les bubobistes, enfoiristes ou autres illuminés.Ils ont la foi et ils ont appris à la garder : ce sont de dangereux récidivistes qui, scission par scission, brûlent leur propre maison pour la reconstruire ensuite (ils disent unifier)et belote et rebelotte...Les anarchistes n'ont pas, pour la plupart, ce défaut capital : le pouvoir ils n'en ont généralement rien à cirer : c'est ce qui me les rend infiniment sympathiques. Ils sont les indispensables antitoxines du corps social et, un organisme, même dans une forme resplendissante, en a toujours besoin d'antitoxines. Dans mille ans, dans le meilleur des mondes, des anars il en faudra pour sauver les éboueurs intoxiqués en vidant les poubelles de l'histoire pleines de trotskystes

BON BAISERS, A BIENTOT ... C.E.A.














POUR FLYTOX









on a bien ri
une fois n'est pas coutume
bien épilogué aussi
ça  ne fait de mal à personne

le jour s'est défait
pièce par pièce
nous avons perdu nos fous
noirs blancs
l''échiquier s'est dépeuplé
peu à peu

la nuit frappait du poing 
sur la table
exigeant sa part de rêve

nous avons cédé
elle a tout pris
et le jeu a repris

un autre jeu
avec d'autres couleurs

août 2006

POESIE
4 inédits de c.e. andersen


Pour Patricia Castex-Menier,

Hier je suis allé vers les sources
qui irriguent ma mémoire
plongeant mes mains d'orpailleur
dans des eaux de toutes sortes
et mes yeux cupides se sont allumés
à bien des ors qui étaient factices

ces flux ne me livrèrent jamais
qu'incisions vives de carmin
pourpres saturées et repoussantes
rondes bosses vertes des mouches
qui  creusent la paupière des morts

je me suis épuisé 
à cette quête navrante
ne découvrant jamais que 
reliquats frugaux
parmi la rosée frêle et froide

un jour enfin j'ai regardé le fleuve
dans les yeux
pris la rivière
par le bras et
je leur ai dit "allons-nous en"

nous sommes partis
nous avons choisi de suivre
le ruisseau perdu









pour Nicoletta,


Elle tend au ciel ses bras liquides
par où elle meurt tailladée
elle est la nuit du tocsin ultime
la danseuse de feu qui se noie

une fatigue de roseaux brisés emmêlés
de ressacs sans fin et sans espoir
l'a jetée là
miliaire dérisoire au bord du temps
d'où elle m'appelle

tout est dit de son règne menteur
tapie sous l'escalier des caries
la nuit tremblante expie ses excès
d'ombre et de lumière

elle a jeté à mes pieds 
sa robe de noces
de cette voie lactée qu'elle arpentait
en incendiant la dimension
plus de signes ne me parviendront

tôt ce matin j'avais préparé les curares
pour l'irréversible tétanie
dans un fouillis de lianes où jamais
je n'ai pu démêler le vrai du faux

vraie lune faux soleil où est la clarté
sinon au fond de ce que je pleure
dans ce tissu de la robe respirée
dans cette rémanence d'odeurs d'humus 
de cannelle de poivre et de truffe mouillée
parmi  des remugles d'enfance 
à courir le sous bois au généreux
divans velus

ce soir je suis nu mon sexe est froid
j'ai perdu tous mes gains
jeune homme 
j'avais connu l'entre seins
de la déesse des rondeurs
et jonglé avec les artefacts de la cyprine

j''avais esquissé à fines caresses
la première femme
celle qui
ce soir me fermera les paupières


christian erwin andersen 
28.8.2006. inédits





aux gorilles : 
r.i.p.


J'avais passé une bonne partie de la journée à suivre une famille de gorilles en déplacement sur le mont Bisoke, dans les Virungas et, le soir venu, trouvé un petit hôtel restaurant à Ruhengeri.















Le repas du soir se déroulait paisiblement lorsqu'un serveur maladroit a laissé tomber la bouteille de vin qui nous était destinée. Elle s'est fracassée et la réaction n'a pas tardé. Un homme a jailli de la cuisine. C'était le patron. Il s'est mis à insulter et rudoyer le serveur. Quand il s'est aperçu de la présence de clients blancs, il s'est calmé et nous a salués en se présentant : Belge, Namurois, qui avait dû fuir le pays au lendemain de la guerre. Enchanté … mmmh ! Manifestement c'était pour lui un vrai événement de retrouver des Belges mais je ne sais toujours pas pourquoi car il y avait beaucoup de coopérants belges dans le coin. Bref.














Il s'est montré très amical. A l'issue du repas, bien arrosé, sur un ton très mystérieux, il nous a annoncé une surprise et invités à franchir une double porte derrière laquelle il y avait une musique tonitruante. Un vrai lupanar. Une salle surchauffée, enfumée, des dizaines de filles, serveuses et prostituées, ivres pour la plupart, se tortillaient, dansaient, s'enlaçaient, avec autant de clients tout aussi entamés. Ambiance ! Dès que nous sommes entrés, solennellement précédés par un patron très fier, le calme est revenu. Personne n'avait l'air de vouloir encore tousser.

















Très attentionné, il nous a installés dans des fauteuils cossus quelques minutes auparavant occupés par des grappes humaines se livrant à diverses activités assez libidineuses. Il nous a adressé quelques paroles d'accueil et, surprise totale, dans le contexte, il a fait l'éloge public de … Jacques Brel nous invitant à écouter avec lui « l'intégrale de l'œuvre » sur la luxueuse chaine stéréo du bar. Je vous laisse imaginer ma surprise : Brel dans un endroit tellement minable, sale, parmi tant de misère physique et morale !


J'ai apprécié pleinement cet étrange concert à Ruhengeri. J'aime beaucoup Brel malgré certains excès dus à son émotivité, certaines outrances. Toujours est-il que Brel avait ramené le calme sur ces quelques arpents de terre africaine.

J'étais bien et le cognac descendait pareil, fort
bien. Le petit matin m'a trouvé dans un état 
second. J'ai commencé à me sentir mal. Je 
pensais aux gorilles, à leur regard, à leurs yeux
surtout, si curieux, si vifs, ironiques. Ce n'est 
pas leurs biceps, ni leur carrure, ni leurs mains
comme des battoirs qui m'ont impressionnés. 
Mais la profondeur de leur regard qui sans le 
secours de la parole tente, comme 
désespérément, de comprendre, de nous 
comprendre. Et qui tâtonne vers nous en vain.
Ce matin, j'avais senti le désarroi du gorille 
lorsqu'il me regardait manipuler mon appareil  
photo.  Imaginez  la  scène :    pour les 
approcher'   j' avais  dû  ramper  dans  cette 
forêt infâme,  grouillante  de bestioles, de 
plantes urticantes, sur des centaines de 
mètres.  Que je me sois relevé, ne fût-ce qu'un
instant, aurait signifié que je contestais son 
autorité. Et ça, le gorille il n'aime pas. Il peut 
se fâcher, voir rouge, vous mordre, vous 
mettre un baffe. Si je m'étais relevé je ne serais
plus là pour vous le raconter ! J'avais dû 
apprendre à grogner comme lui et grogner 
pour de bon afin de le mettre à l'aise. J'ai 
même dû faire mine de manger du céleri 
sauvage, non pas que j'aime ça, mais le 
gorille, lui, il aime.

Pouvait-il comprendre. Le gorille, il comprend les animaux, les singes, la girafe, la phacochère, le serpent … mais l'homme a cessé d'être un animal, il s'est perdu au cours de son évolution, des bosses lui sont poussées sur le front. Au début il a cru que c'était des cornes. Il se trompait. C'était la bosse des maths, la bosse des langues, d'autres encore et même la bosse qui le fait aller bosser comme un con tous les jours et perdre sa vie à la gagner. Mais je m'égare. C'est la fâcheuse tendance de l'homme de s'égarer.

Le gorille, lui, il ne s'égare pas. Il a compris depuis bien longtemps. Tout, sauf l'homme. Mais, est-il possible de comprendre l'homme ? Oui, non, pourquoi, comment. Et est-ce bien utile ?

Je suis allé me coucher. J'ai eu tort. J'ai failli mourir. Intoxiqué par l'insecticide qu'on avait déversé dans ma chambre en mon absence. On m'a tiré du lit par les pieds et trainé dehors, à l'air, au frais. Ce n'était pas mon jour et je pensais aux gorilles. J'étais triste. J'ai dégueulé. A cause de l'insecticide.

christian erwin andersen 2006
KéCEKe ?

L'anarchisme individualiste

est un des courants anarchistes qui prone la liberté des choix de l'individu face à ceux, imposés généralement , d'un groupe social.

Cette philosophie politique voit dans tout forme de pouvoir telle que l'État, la Religion - mais aussi dans toutes sortes d'organismes ou organisations collectives hiérarchiques - une autorité non-légitime et oppressive et donc l'ennemi par excellence de la liberté individuelle.

Les anarchistes individualistes privilégient l'association libertaire entre individus.
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Au sein de l'anarchisme, on oppose souvent l'individualisme au collectivisme. Ces oppositions doivent cependant être nuancées. Elles ne sont pas nécessairement contradictoires.

Certains individualistes, tels Henry Sisly, Libertad, Alexandra David-Néel et d'autres, seront également communistes, tout comme certains communistes anarchistes sont individualistes.

Les anarchistes individualistes refusent le concept de propriété, quelle soit privée ou collective, mais reconnaissent la notion de possession comme définie par P.J.Proudhon.

Ils ne s'opposent donc qu'à ce qu'ils qualifient de nue-propriété (ce dernier terme n'étant pas à comprendre au sens du Code civil), et donc à tout revenu de prêt - tels que les bénéfices ou les loyers - tout en reconnaissant à chacun le droit de posséder son logement ou de travailler sa terre. C'est en ce sens l'usage seul qui fonde et légitimise la propriété.

Cette conception originale de la propriété/possession explique l'ambiguïté du positionnement de la doctrine anarchiste individualiste - mais pas nécessairement des anarchistes individualistes - face àl'anarcho-communisme/anarchisme collectiviste et l'anarcho-capitalisme.
William Godwin, Max Stirner et Joseph Proudhon sont souvent considérés comme les fondateurs et les premiers théoriciens de cette forme d'anarchisme
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